deux mots…

Parfois, il est nécessaire, bénéfique et salutaire de prendre la parole. Alors que d’autres fois, il serait plus avisé et judicieux de ne pas le faire. De rester dans l’ombre. En d’autres termes, de se la coincer… J’avoue n’avoir que rarement opté pour le bon choix en la matière… Non pas que la caractéristique qui me définisse le mieux soit la discrétion… Mais il est vrai que je ne me gêne pas trop de dire ce que je pense… Parfois même avec une certaine… exubérance!

Je souhaite donc confier ici certains de mes états d’âme. D’autant plus que ce seront les derniers dans cet environnement.

AU DEBUT

Ayant adhéré à l’amap lors de sa première année d’existence, j’ai très vite, pour ne pas dire immédiatement, été invité à rejoindre le comité de cette belle association. J’en garde un souvenir ému.

Durant les premières années, demeurer au comité n’était rien de moins qu’un acte de bravoure exceptionnelle. Ou de folie teintée de masochisme. Il est vrai qu’à cette époque-là, Gilles, le second président, et tous les membres du comité avaient du pain sur la planche… Et quel pain ! Nous avions en charge, notamment, l’épineux dossier “Manu” sur les bras… Promesses orales (faites par l’équipe à la mairie de l’époque) de terrain, tractations diverses avec les autorités feigèroises, études de changement de parcelle, viabilisation de ladite parcelle, acheminement de l’eau par tracteur… le comité tournait à plein régime. Et dans le cas présent “plein régime” se traduisait parfois par des dizaines d’heures mensuelles. Et quasiment rien de significatif en lien direct et “normal” avec le travail standard qui incombe à toute AMAP…

Le comité était soudé, efficace et volontaire.Tout restait à faire, tout devait être pensé, organisé, mis en place.

Une dynamique extraordinaire animait la plupart d’entre-nous. Ainsi les projets de site internet, de feuille de chou, d’outils de gestion foisonnaient littéralement. Des outils de communication… La maître-mot…

Les réunions de comité se déroulaient toujours autour d’un verre. Puis d’un verre et un paquet de chips. Puis d’un petit lunch pour finir par de vrais repas avec entrée, plat, fromages, dessert. Une AMAP de bouffe… Sans oublier de travailler…

Les manifestations organisées en soutien à certains producteurs se voulaient aussi utiles qu’agréables…

L’objectif était autant de venir modestement en aide au-x producteur-s concerné-s que de sensibiliser la population à leurs problèmes en leur donnant un minimum de visibilité.

Et cela ne faisait pas de mal à l’AMAP, bien au contraire. En effet, La Ronde des Légumes a vécu des ambiances – en terme d’accueil –  très diverses en fonction du lieu de son siège et de ses activités…

L’aide aux champs, qui n’a jamais réuni des foules en délire, disons-le, était faible à moyenne selon les cas.

Lorsqu’un “tassement” de la participation était observé, le comité se donnait les moyens de communiquer auprès des adhérents de sorte à re-mobiliser les troupes… Avec tact mais avec force et conviction. En tapant le poing sur la table, mais avec humour… Et cela fonctionnait plutôt bien!

Mais, disons-le tout net, les producteurs n’ont jamais dû refuser du monde… 

DES AVANCEES

 SITE INTERNET

Les projets se concrétisent. Conscient du rôle essentiel que joue la “comm” dans nos sociétés modernes, le comité crée un site internet pour informer les adhérents, leur ouvrant ainsi la porte à devenir des acteurs et plus seulement des spectateurs.

On ne constate pas de records d’affluence en matière de création de contenu, surtout parmi les adhérents… Le contenu, les articles, les pages statiques, les reportages, les petites vidéos, etc, sont essentiellement le fruits des membres du comité. Trois membres de ce dernier totalisent à eux seuls plus de 95% de la production de contenu… Quasiment toute la communication de l’AMAP fait référence à du contenu figurant sur le site internet.

LA FEUILLE DE CHOU

Le journal de l’association nait sous l’impulsion de certains membres du comité désireux de communiquer plus et mieux avec les adhérents.

La feuille de chou, suite à un vote des adhérents, est baptisée “Le Vers Solidaire“. Il s’agit d’un mini feuillet de quelques pages, dont la parution n’est pas vraiment régulière.

L’accueil réservé par les adhérents à cette nouvelle forme de communication-information est très bon. De nombreux lecteurs confient relire plusieurs fois certains articles de cette gazette et, lorsque le nouveau n° de cette dernière tarde un peu, ils le manifestent d’une manière très encourageante pour les auteurs.

LE POLITBURO 

Merveilleux nom attribué au petit groupe créé au sein du comité pour s’occuper plus spécifiquement de la feuille de chou et du site internet.

Durant de nombreux mois ce groupe élaborera des stratégies pour proposer du contenu, réfléchir à sa forme, son support, etc. avec succès. Toujours autour d’un verre, c’est évident…

Quelques numéros marquants sont à porter au crédit des auteurs. On y trouvait des articles de fond dans des domaines très divers, les informations habituelles liées au fonctionnement de toute association active, de l’humour, des recettes de cuisine et bien d’autres choses. Une rubrique spécifique aux producteurs leur permettait de proposer directement de l’information dans un espace spécifique. Le “panier de la semaine” était proposé plus ou moins chaque semaine (oui, sans cela on l’aurait appelé le panier de l’année…). Une photo accompagnait la liste des légumes qui composerait le futur panier. Bref, plein de petits trucs utiles et appréciés de la plupart.

FUSION SITE INTERNET – VERS SOLIDAIRE

La montée en puissance (et surtout en poids) nous obligea à changer de mode de diffusion. La modeste feuille de chou envoyée par mail devenant trop lourde, nous l’avons stockée sur internet et envoyé aux adhérents le lien permettant de la visionner. Puis, le gaspillage de ressources (un développement pour le site internet, un autre pour le Vers Solidaire) nous poussa à ne considérer plus que la version site internet.

L’intégration du “Vers” fut réalisée sans gros problèmes. De nombreux aménagements du site furent nécessaire et le résultat global plutôt sympa. Ici aussi, l’accueil réservé à cette nouvelle formule fut bon et les mêmes adhérents qui convoitaient la version papier puis la version email nous encouragèrent à poursuivre cette nouvelle version.

FACEBOOK

Plus récemment (il y a tout de même plus de deux ans…) certains membres du comité soulignèrent l’utilité voire la nécessité de figurer sur les réseaux sociaux. Une page FaceBook fut ainsi créée.

Un lien vers la page FB est disponible sur le site internet de LRDL.

 AMAPJ

Amapj est un environnement de gestion spécifique aux amaps, développé par un talentueux informaticien et amapien. Quasiment toute la partie logistique peut y être gérée. Des cotisations des adhérents à la remise des chèques aux producteurs en passant par la gestion des contrats, des produits des distributions, c’est un outil précieux qui ne demande qu’à être apprivoisé.

C’est Véro qui l’avait introduit et, suite à son départ, nous avons dû nous l’approprier un peu dans l’urgence…

LES REFERENTS

Ils sont le lien privilégié entre le producteur et le comité et/ou les adhérents. En marge de soulager le-la président-e, lorsqu’il-elle en fait un peu trop (…), leur rôle est important. A l’écoute du producteur, le référent peut lui fournir de l’aide en termes d’organisation, logistique si tant est que la dynamique du comité le permette.

Ainsi le référent était principalement la personne en charge de l’organisation de la fête annuelle (qui s’appelait autrefois “les portes ouvertes”), de la représentation du producteur aux séances de comité, etc.

Le référent est un membre du comité qui s’investi sans doute plus que les autres, s’il fait son job correctement. 

ET MAINTENANT ? 

Oui et maintenant ? Maintenant il est temps pour moi de tourner la page. De quitter cette association qui m’a tant donné. Et à qui j’ai pas mal donnée aussi je crois…

La question est donc pourquoi partir ? La réponse est simple.

Je ne sens plus la moindre volonté dans le comité actuel de poursuivre sur la voie tracée par toutes celles et ceux, membres du comité ou simples adhérents, qui ont fait cette belle association. Qui ont cru en son développement en la dotant de moyens modernes de communication et de gestion. Qui animaient et faisaient vivre en belle harmonie tous les membres de cette association. Qui communiquaient !

Au lieu de cela ?

> Le site internet est en train de mourir, plus aucune contribution ne l’alimente alors qu’il vient d’être reconstruit à neuf sur une plateforme plus moderne.

> AMAPJ, récemment encore, était au coeur de discussions au sein du comité pour en déterminer la réelle utilité…

> La page FaceBook n’est guère plus avancée que le site internet…

> Ne parlons pas du Vers Solidaire, personne ne souhaite se livrer à une exhumation…

> L’utilité des référents a été remise en cause pas plus tard que lors de la dernière assemblée générale de fin janvier 2019…

Alors j’entends déjà les arguments de certains – qui ne se gêneront pas de critiquer copieusement les griefs évoqués ci-dessus – avec en tête de liste les compétences! Compétences techniques, informatiques, etc.

Hé bien NON !!! Le problème n’est pas une histoire de COMPETENCES mais bien un problème de VOLONTE ! Les compétences on peut les acquérir, on peut se documenter, on peut déléguer. Des solutions, il y en a… Mais la volonté, quand on ne l’a pas… C’est peine perdue.

Cela dit je respecte la volonté du comité. Mais l’ayant déjà quitté il y a plus d’un an, car je sentais déjà le vent tourner dans une direction qui ne me convenait plus, j’ai continué à assurer les développements et la maintenance du site internet et d’AMAPJ.

Il est temps pour moi de prendre le large et de changer d’air. Je souhaite néanmoins un avenir le plus radieux possible à cette amap, elle le mérite.

Filou