Soulager son nez et la planète
Jusqu’au début du XXème siècle, il était encore fréquent de se moucher dans ses doigts ou son manteau. La société Kimberly-Clark Corporation invente le mouchoir en papier en 1924, sous le nom de Kleenex. Aujourd’hui, il se vend près de 20 milliards de mouchoirs en papier chaque année en France. Cela représente 8,5% de la consommation totale de papier du pays, soit 15 kg par personne et par an ! Composé de cellulose, souvent de première qualité pour satisfaire les exigences de douceur du consommateur, le mouchoir en papier a un grand impact sur les écosystèmes.
L’industrie du mouchoir en papier est lourde et polluante. La séparation des fibres de bois des autres constituants contribue à une déforestation massive. Et produire une tonne de papier pompe 100 à 200 litres d’eau avant son blanchiment au chlore, lui même source de pollution et d’allergies.
L’arrivée du mouchoir en papier en France dans les années 1960 signe la mort des fabricants historiques de mouchoirs en tissu.
Pour éviter le gaspillage de fibres neuves, on peut choisir d’utiliser des mouchoirs en papier recyclé. Il est certes moins doux qu’un papier de 1ère qualité, mais il est bien plus écologique. Label de référence, « l’ange bleu » assure que les fibres du mouchoir ont été recyclés au moins 3 ou 4 fois en répondant à des critères écologiques strictes notamment au niveau du blanchiment.
Le label « FSC recycled » garanti qu’au moins 85% des fibres sont issues de papier recyclé. Certains labels ne sont pas aussi fiables concernant l’utilisation de matières recyclées puisque les producteurs peuvent se labéliser eux mêmes, sans contrôle externe. Le label « NF environnement » n’assure que 30% de fibres recyclées, le reste pouvant venir de forêts en danger.
Cependant, malgré la sensibilisation accrue des consommateurs à la durabilité, la proportion de produits fabriqués à partir de fibres recyclées ne cesse de baisser, sans qu’on puisse expliquer clairement pourquoi, alors que les produits en papier jetables sont en plein boom et constituent l’un des secteurs les plus dynamiques en France. Pourtant, la fabrication de mouchoirs à base de papier recyclé est une bonne affaire pour les industriels car elle est bien moins coûteuse en eau et en énergie.
Reste le bon vieux mouchoir en tissu. Après avoir presque disparu, il fait son retour grâce à des citoyens conscients de l’impact des mouchoirs en papier. Il est en effet beaucoup plus écologique puisque réutilisable. Et plus doux, il irrite moins le nez. Coté hygiène, il faut le laver très souvent car certains virus survivent plusieurs jours dans un mouchoir. Il convient toutefois de privilégier le coton ou le lin biologique.

Sources: « la revue durable » et mescoursespourlaplanete .com