Le printemps est là, il paraît évident à tous que nos maraîchers démarrent une longue période de forte activité.
Pour autant, se sont-ils tourné les pouces cet hiver ? Pas tout à fait…

Pour continuer à vous proposer des légumes frais (salades notamment), ils continuent  de travailler sous les tunnels qu’il faut régulièrement déneiger pour éviter qu’ils ne plient. D’ailleurs quelques amapiens se sont prêtés à l’exercice.  Faire pousser des légumes sous tunnel non chauffés dans nos régions demande beaucoup de patience : la nature, elle, est au repos et tout pousse très lentement.
Vos amis poireaux et carottes restent plutôt dehors, il faut alors littéralement attendre le dégel pour les récolter ! Pour les légumes de conservation comme les courges, les pommes de terre qui restent au chaud, il faut régulièrement les trier pour ne pas voir périr tout ce qui est entreposé. En général Greg délègue cette tâche à Magali, sa femme 😉

Cette période où la faune et la flore fonctionnent au ralenti, c’est le temps de faire le planning et le plan géographique des futurs légumes en tenant compte de la nature du terrain, de la rotation des cultures, des besoins des plantes, etc. Cette tâche implique ensuite la commande des graines et plants, tous bio et soigneusement sélectionnés. Ce temps est aussi consacré aux formations, à la recherche de solutions techniques, aux réunions…

Dans nos habitations, le printemps est l’occasion d’un bon nettoyage et d’un sérieux rangement, chez les maraîchers c’est l’hiver ! Les talus et bordures de terrains boisés sont nettoyés, le matériel est réparé et remis en état pour la saison suivante. Les bâtiments aussi font l’objet de toute leur attention, chez Greg cette année c’était l’isolation du plafond du local de travail. N’oublions pas non plus l’achat de matériel, il faut remplacer ou ajouter quelques outils régulièrement. Qui dit investissements matériels dit aussi visite chez le banquier ;-(  A cette occasion, le fonctionnement en AMAP est un réel atout. L’équation pour le banquier est simple AMAP = base stable de revenu pour le producteur.

Il reste la dernière tâche, probablement celle qu’ils préfèrent le moins : les tâches administratives, en clair la paperasse ! Pour Claire, c’est le moment de saisir toute sa comptabilité, activité qui prend au moins une semaine à plein temps, impossible à faire en période de production. Les dossiers à tenir à jour pour le label bio, les impôts, notamment, demandent aussi beaucoup d’attention. Pas question de se tromper.

Je pense que vous avez maintenant une idée plus précise de l’activité de ce métier que certains disent saisonnier. Et non, ils ne passent pas l’hiver aux Seychelles sur un transat! En plus d’être d’excellents maraîchers, ils doivent devenir bricoleurs, mécaniciens, comptables, as des outils informatiques pour tout l’administratif… mais les semaines n’ont plus que 40h alors c’est Versailles !